sexta-feira, 18 de outubro de 2013

Les Quatre Cents Coups

                                   



                            


C'est le premier film de François Truffaut, qui est à la fois: une autobiographie légèrement modifiée de ses années de pré adolescence; le point zéro de la nouvelle vague, et un classique incontesté du cinéma. Les 400 coups, tourné quand Truffaut avait à peine 26 ans et fondamentalement aucune expérience en tant que cinéaste, était sa chance de mettre en pratique un type de cinéma opposé a celui qu'il avait attaqué avec tant de véhémence dans ses dernières années comme critique de la revue Cahiers du cinéma. Et il a réussi à le faire. Le film est essentiellement une sorte de purge de ses anciens griefs à travers du petit adolescent Antoine, son alter-ego, coincé entre des graves conflits scolaires; un foyer de parents dysfonctionnels, faibles et indifférents, et son goût pour la petite délinquance. Tout cela était nouveau à l'époque. Une mère qui n'aimait pas son fils était le genre de chose qu'on n'avait jamais vu au cinéma, étant celui-ci encore attaché à un vieux classicisme de structure rigide, où le banal, dans le sens le plus élevé du terme,  était considéré comme quelque chose délicat, et qui devrait être évité à tout prix.


                          


Avec la nouvelle vague une façon quasi documentaire de tourner a été inauguré, avec des décors naturels, dans les rues, avec la langue qu'on utilise dans la vie quotidienne, avec des mouvements inattendus de la caméra, sur des sujets pertinents pour la vie des gens ordinaires. Comme nouveauté, Il y avait aussi une réduction sensible du nombre de dialogues sur la scène: il serait au spectateur, par elle-même, en pénétrant l'appareil psychologique des personnages, de les interpréter, en créant un engagement psychologique beaucoup plus profond avec l'ouvre, avec la possibilité de l’interpréter selon son propre regard. Le mouvement était également un manifeste en ce qui concerne les alors anciennes et sclérosés institutions autoritaires de la «vieille France», représentées dans le film surtout par l'école et la police. On dit fréquemment que la nouvelle vague a été la porte de ce qui allait culminer dans les mouvements sociaux du 68, mais en fait, c'était peut être une sorte de fil qui a canalisé les angoisses et les changements des coutumes qui existaient déjà dans les esprits, dans les journaux, dans les rues, dans l'inconscient collectif enfin. C'est pourquoi son acceptation a été immédiate tant par les critiques que par le public, et puis le monde. 

                              


La nouvelle vague n'était pas Truffaut seul, bien sûr. Son inattendu nemesis serait son ancien camarade du Cahiers, Godard, qui a mis en place un cinéma dans lequel sa radicale vision du monde était filtré à travers un appareil intellectuel, artistique, philosophique, existentiel, conceptuellement monotone; qui a abouti à presque imposer une barrière inaliénable entre ses films et le public. Tout le reste du mouvement était, grosso modo, sur ​​le territoire entre l'un ou l'autre. Truffaut a été un phénomène de masse, mais à l'exception de lui, on dit que la nouvelle vague a eu très peu de spectateurs, cependant, chacun d'entre eux est devenu un cinéaste. Il s'agit d'une exagération amicale, mais si vous regardez attentivement chaque film déjà posté sur ce blog vous verrez qu'une bonne partie d'entre eux apporte réellement la nouvelle vague dans leur ADN.

                                             
                                         



Titre original: Les quatre cents coups 
Année: 1959 
Réalisateur: François Truffaut 
Pays: France 
Prix: Cannes / Oscar / Sant Jordi Award for Film / New York Film Critics Circle Prix / Prix Bodil / BAFTA


quinta-feira, 17 de outubro de 2013

Marley


                             


Documentaire-biographique réalisé par le directeur écossais Kevin McDonald, (de "Le dernier roi d'Ecosse") à propos de la vie mythologique de Bob Marley. Le film a le mérite de dépeindre Bob seulement à travers les récits des personnes qui étaient témoins de tout ce qui est dit sur l'écran, et qu'étaient effectivement présents à côté de Bob tout au long de sa vie. Rita Marley (la veuve "officielle"), Bunny Wailer, le fou Lee Perry et Cindy Breakspeare (sa maîtresse la plus célèbre et avec qui il a eu un de ses 11 enfants), entre autres, témoignent l'histoire véritablement cinématographique de cet homme, né dans une pauvreté abjecte, jusqu'à sa mort prématurée - aussi que de son legs, comme une sorte de prophète mystique du 20e siècle. 

                                   
                                           


Sauf pour la métaphysique rastafari, j'ai toujours aimé le reggae, plus pour ses extraordinaires vertus musicales que pour sa déroutante prédication religieuse. Son minimalisme élégant, le concept simple, le fait qu'il soit étroitement lié à la culture punk (voir The Clash, Rancid, etc), le fait qu'il y a le Dub, tout ça m'a toujours attiré comme un aimant sur le reggae. Par rapport aux sous-genres du style depuis lors, l'impression est que Bob est l'évolution du reggae, et pas autrement. Ajouté à son charisme et à son attrait universels, il n'est pas étonnant que l'homme est devenu une divinité. Bob Marley est le reggae, c'est ça. Et Il semble que le reggae est un dénominateur commun, une sorte de catalyseur, le port qui apporte adorateurs aussi distincts que les rastas, les hippies, les punks, les rockeurs, les clubbers, les rappeurs, les hippies, et tous les skinheads, qui ont fait du reggae un véritable mode de vie. Quoi qu'il en soit, le reggae est l'un des plus grands cas d'appropriation culturelle de l'histoire, en raison de Marley. 


                  


En tant que film documentaire, cette oeuvre est magnifique, en précisant également sa maladie, l'exil thérapeutique en Allemagne (une situation surréaliste de "Jamaïque en dessous de zéro"), la première phase des Wailers (alors une inhabituelle boy band de Trenchtown, qui englobait pas moins que la sainte trinité du reggae: Bob, Bunny Wailer et Peter Tosh, celui-ci aussi éternel), son engagement politique intense en Afrique, ses funérailles. D'autre part, le film est très superficiel sur le rôle crucial du label Island (et du producteur Chris Blackwell), qui a su littéralement façonner le son de la bande au goût pop rock occidental, avec l'album "Catch a fire". Telle réinvention était bien le commencement de toutes choses en termes de célébrité, et sans celle-ci, le génie de Marley serait resté en Jamaïque, et personne d'autre n'aurait jamais touché à ce sujet (pour plus de détails voir l'excellent documentaire "Classic albums - Catch a Fire ") 
Autre fait notoire que le film ne traite pas, c'est que Marley connaissait la gravité de sa maladie dès le début, mais il a ignoré tout traitement plus approfondi parce qu'il croyait que Jah l'aurait guéri. 
Quoi qu'il en soit, pour les fans, fidèles, ou même les haineux: un très bon filme. 

(Note: Bien que non crédité, C'était Martin Scorsese qui a d'abord mené le projet, mais il a dû quitter pour des raisons obscures) 


Titre original: Marley 
Année: 2012 
Réalisateur: Kevin Mc Donald 
Pays: Royaume-Uni / Etats-Unis 
Distinctions: Prix British Independent Film / BAFTA Film / Reel Awards Noir / Evening Standard British Film Awards / Image Awards / Washington DC Filmfest 

Le Ballon rouge





Un jour, le petit Pascal tombe sur un gros ballon rouge pendant ses promenades dans le quartier de Ménilmontant, à Paris. Apparemment, le ballon est doté d'une volonté propre, et les deux développent une étroite amitié. Néanmoins, cette amitié rend les garçons du quartier jaloux, et ils commencent à convoiter le ballon de Pascal. C'est l'histoire de ce magnifique petit film français des années 50, un véritable trésor. 


                           


Le film dépeint métaphoriquement à travers son réalisme magique, une atmosphère de naïveté et de pureté, toute en nous rappelant également comme les êtres humains peuvent être mesquins et destructifs. Tourné dans le quartier Ménilmontant, alors un voisinage malsain de Paris, et d'une façon semblable à un documentaire, Il s'agit aussi d'une occasion d'observer la région à cette époque là, une fois que aujourd'hui celle est devenue un quartier bohème agréable qui ne ressemble pas du tout ce qu'on voit dans le film. 

                                        


Le Ballon Rouge est franchement métaphorique, et pour ça, ouvre la voie à des fantasmes et interprétations les plus drôles de ceux qui l'ont regardé. Ça m'a fait bizarre de lire quelques lectures qu'on a faites: le ballon comme une métaphore du Christ, ou le ballon comme une métaphore de la période d'après-guerre en France, et même une prétendue relation homosexuelle entre Pascal et le ballon, suivi d'une vague de colère que cela aurait suscité. Avec tout le respect que je leurs dois, pour moi, le film est juste la simplicité de ce qu'il montre clairement. En outre, c'est une excellente façon d'initier les enfants à un cinéma de qualité, qui va certainement aider à façonner leur point de vue esthétique pour l'avenir. 


Titre original: Le Ballon Rouge 
Année: 1956 
Réalisateur: Albert Lamorisse 
Pays: France 
Prix: British Academy of Film et Television Arts / Cannes / New Film Critics Circle Prix / National Board of Review / Prix Louis Delluc / Wisconsin film pour enfants festival international / Los Angeles Outfest Gay and Lesbian Film Festival / Educational Film Award York